Le Royaume Assassiné d’Alexandra Christo

C’est en mai de cette année qu’a débuté le teasing sur cette dernière pépite de chez DE SAXUS. Sorti le 26 novembre, on peut clairement dire que je me suis jeté dessus.

Synopsis : Lira est la sirène la plus dangereuse de l’océan. Elle a déjà pris le cœur de dix-sept princes qui sont tombés sous son charme. Mais un jour, tout bascule lorsqu’elle tue l’une de ses semblables. Pour la punir, sa mère la Reine des Mers transforme Lira en ce qu’elle déteste le plus : une humaine. Elle lui donne alors jusqu’au solstice d’hiver pour lui apporter le cœur du Prince Elian, ou bien elle restera sous cette forme pour l’éternité. De son côté, le Prince considère l’océan comme sa vraie demeure, même s’il est l’héritier du plus grand des royaumes. Chasser les sirènes est sa raison d’être. Mais lorsqu’il sauve une jeune femme qui se noie, il est loin de se douter de sa vraie nature… Pour le remercier, elle lui promet de l’aider à trouver le moyen de détruire toutes les sirènes, mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Note : 4 sur 5.

De la Fantasy assaisonnée de sirènes, c’était exactement ce qu’il me fallait en cette fin d’année morose ! J’étais inquiet (sans trop l’être non plus parce que bon… De Saxus collectionne les chefs-d’œuvre) qu’on tombe rapidement dans les clichés attenants à ces créatures mythiques ou sur une ennuyeuse réécriture de La Petite Sirène. Le silence pèse lourdement… attention : TADAM c’est un sans faute !!

J’ai toujours apprécié les narrations à deux (ou plusieurs) voix et l’autrice jongle parfaitement entre les deux protagonistes, Lira et Elian. On a cette sirène royale tueuse de princes aspirant à devenir la Reine des Mers, sans pitié et létale, fraichement transformée en humaine. De l’autre côté, un prince chasseur de ces monstrueuses créatures fuyant ses responsabilités vis-à-vis du trône, cynique et acharné dans sa mission, et sauvant la jeune femme naufragée au milieu de l’océan. Ennemis par nature, ils vont devoir s’allier pour atteindre leur but commun : anéantir les sirènes. Leur relation est dans les premières pages du récit assez explosive avec une répartie cinglante. On assiste à un match de ping-pong enflammé avec des dialogues mordants, sarcastiques et insolents, et franchement quelle régalade ! C’est difficile de me faire rire par écrit de manière générale mais j’ai plus d’une fois ricané sous les braises qu’ils se jettent à la figure. Cette relation d’ennemis à amoureux s’impose en douceur avec des petits rapprochements et c’est cela qu’on adore.

Je préférais quand tu étais inconsciente, tu étais bien plus charmante.”

Le langage est accessible mais on ne tombe pas dans l’enfantin. Attention, j’ai remarqué quelques petites erreurs ou incompréhensions surtout ici page 364 : « Cristian n’était jamais à court de proverbes et de sentiments que je n’avais jamais réussi à complètement saisir, et je goûtais autant les écouter que m’en moquer. » Malgré cela l’autrice revisite le fameux conte d’Andersen à travers un œil mature et gardant en mémoire les thèmes de l’amour impossible, du sacrifice et de la découverte de soi. Les descriptions, qui ont toute leur importance dans un récit, sont parfaites. On a ce qu’il faut de détails et d’adjectifs. J’arrive à me projeter dans cet univers avec facilité. Bon, il est vrai que la mise en place de l’histoire est assez longue pour un one-shot, presque la moitié du récit, mais ce n’est pas ennuyeux pour autant car Alexandra Christo maitrise grandement l’art du suspens. Les plans ne sont pas révélés à la va-vite, les énigmes et machinations sont bien ficelées, on a une réelle quête avec des péripéties surprenantes. Tout cela nous tient en haleine et on attend avec impatience de tourner la dernière page. Les personnages secondaires sont attachants, peu nombreux mais bien imaginés, ils sont si humains que j’avais l’impression de traîner avec ma bande de potes. Notamment avec Kye et Madrid. L’antagoniste est tout bonnement horrifique et c’est avec un malin plaisir que j’ai adoré détester le personnage de (attention léger spoil) Sakura / Yukiko, insupportable avec ses sourires vicieux et perfides, ses manigances infantiles et sa dégaine de poufiasse des glaces !

En tant qu’humaine, je pouvais à peu près prétendre que mon ardoise était encore vierge. Pendant un moment du moins. Mais plus maintenant. Je suis dorénavant une meurtrière dans quelque vie que ce soit.

L’ensemble du Royaume Assassiné est incroyable mais petit bémol le dénouement était trop prévisible. Malgré ça j’ai frôlé le coup de cœur et ça faisait longtemps qu’une réécriture ne m’avait pas autant intéressée. La plume de l’autrice est agréable et son imagination est merveilleuse ! Je la remercie ainsi que De Saxus de me faire voyager de a sorte !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s