Winterwood de Shea Ernshaw

J’ai découvert Shea Ernshaw avec The Wicked Deep au printemps 2019 et ç’avait été un tel coup de cœur que j’ai enchaîné avec Winterwood directement en VO, en fin d’année. Édité cette année à la Toussaint chez Rageot, je viens de l’achever en VF également. Je ne vais pas vous faire mijoter plus longtemps, c’était une excellente lecture !

Synopsis : Certains disent que les bois de Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes. Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir  : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route. Lorsque l’adolescente le retrouve, gelé, au milieu de ces arbres inquiétants, elle n’en croit pas ses yeux. Il devrait être mort. Et pourtant, il est là, vivant. Oliver, de son côté, est prêt à tout pour garder ses secrets enfouis. Car il n’est pas le seul à avoir disparu cette nuit-là.

Note : 3.5 sur 5.

Pour commencer : quelques mots sur l’autrice. Shea Ernshaw vit dans l’Oregon aux États-Unis. J’ai de suite été happé par son univers. Proche de la nature et des animaux, son feed Instagram appelle au voyage. Elle est aussi accessible et d’une extrême douceur, ce que j’ai ressenti à travers quelques échanges en MP. Winterwood est son deuxième roman à ce jour, et je retrouve une autre part d’elle-même.

Le ton est donné dès le prologue, il va faire trèèèèèès froid au fil des pages ! On a Nora, cette descendante d’une longue lignée de sorcières, des montagnes enneigées, une forêt menaçante, vivante, surnaturelle. Un cocktail parfait pour cette fin d’année. Elle trouve Oliver, un jeune garçon du camp de redressement, perdu dans les bois, échappant ainsi de peu à la mort. Aussitôt un lien invisible les unit et met en place l’intrigue principale : pourquoi avait-il disparu ? Que s’est-il passé ? À côté de cela, une tempête bloque l’unique route d’accès et il n’y a plus d’électricité autour du lac. Les jeunes du camp de redressement, leurs moniteurs, les rares personnes présentes ici, sont livrées à elles-mêmes et coupées du monde. Le temps ralentit, il est totalement suspendu et l’autrice transpose cette ambiance à la perfection. Je me sens aussi oppressé, piégé que les personnages.

La plume de Shea Ernshaw est toujours aussi agréable et poétique. Elle arrive à me faire plonger avec une facilité incroyable dans cet univers sombre et fantastique. Le seul bémol que je pourrais lui reprocher, c’est cette légère tendance à employer plusieurs fois une même sentence avec une petite variation du genre :  « il était plus forêt qu’humain » qui devient plus tard  « plus nature qu’humain » et cela avec d’autres phrases du récit, maintes fois. Ça peut être vite redondant et lourd mais je m’en suis accommodé. Toutefois, sachant et comprenant la fin du récit, je pense savoir pour quelles raisons l’autrice a « abusé » de répétitions, d’une quête de vérité qui piétine, qui met beaucoup trop de temps à venir selon certains avis que j’ai lu. Avec le recul je trouve qu’il s’agit de parfaits indices, notamment une fois qu’on sait quel don de nuit possède Nora (j’en dis pas plus mais il s’agit de son talent de sorcière Walker). Bref, tout ça pour dire que ces longueurs ont un but bien précis et que c’est plutôt ingénieux, d’autant plus que j’ai trouvé le dénouement absolument imprévisible !

“Elle me fixe de ses yeux marron foncé, aussi sombres que la forêt, mais on dirait qu’elle regarde dans le passé et sa bouche dessine une douce courbe indéchiffrable.”

Pour ce qui est des descriptions je suis mitigé. Pour les lieux elles sont au top, je visualise parfaitement l’environnement lugubre et glacial. En revanche pour ce qui est des descriptions physiques de certains personnages, c’est si superficiel que j’ai du mal à les imaginer. D’ailleurs pour parler d’eux, ils sont très peu nombreux même si ce n’est pas gênant pour l’intrigue. Le problème c’est qu’il n’y en a pas un seul pour qui j’ai eu le coup de cœur. J’aime nos deux héros et la relation qu’ils bâtissent, j’aime également l’énigmatique Perkins ainsi que la grand-mère Ida Walker, mais on reste à peine sous la surface. C’est dommage car j’aime avoir des personnages aux personnalités complexes et travaillées. Pour le reste du casting, autant vous dire de suite que j’ai détesté Suzy et la bande de délinquants !

Point absolument génial, l’objet-livre est magnifique (en VO et VF). J’adore les pages du grimoire des Walker dans cette couleur aussi noire que les profondeurs du lac. C’est divin ! Ces petites biographies sont vraiment chouettes et permettent d’en apprendre plus sur la famille de Nora. On remarque le travail de recherche sur les plantes, l’univers wicca etc. J’ai particulièrement dévoré ces pages faisant une parenthèse fantastique dans l’histoire.

“Ma grand-mère aurait su quelles herbes utiliser, quels mots chuchoter contre sa peau pour chasser le froid au cœur de ses os. Pour le garder ancré dans ce monde avant qu’il ne glisse dans le suivant.”

Pour résumer, on est loin du coup de cœur mais ce récit se dévore rapidement. On voyage et pénètre un autre univers aussi facilement que l’on somnolerait devant un feu de cheminée. L’imagination de Shea Ernshaw est incroyable et ne cesse de me surprendre, je suis impatient que sorte son 3ème opus au printemps prochain !

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